L’Afreximbank, avec son nouveau leadership, trace la voie de la décennie industrielle de l’Afrique

L'Afrique se trouve à un point d'inflexion. Alors que les chaînes d'approvisionnement mondiales se reconfigurent et que l'élan démographique s'accélère, le chemin du continent vers la prospérité repose sur un changement décisif : passer d'exportateur de matières premières à une puissance industrielle à valeur ajoutée. Au gouvernail de cette transformation se trouve la Banque africaine d'import-export, et son président nouvellement nommé, le Dr George Elombi, qui a pris ses fonctions en septembre 2025 en tant que quatrième dirigeant de l'institution depuis sa création. Le Dr Elombi prend la direction après une décennie de croissance remarquable sous son prédécesseur, le professeur Benedict Oramah, au cours de laquelle le bilan de l'Afreximbank est passé à 44 milliards de dollars.
Mais l’expansion seule n’est pas le mandat. S’exprimant auprès de Forbes Africa, Elombi a articulé une focalisation plus précise : guider l’institution basée au Caire à travers ce qu’il appelle la « renaissance industrielle de l’Afrique », une décennie définie non pas par l’aspiration, mais par l’exécution.
La stratégie s’articule autour de trois piliers interconnectés. Premièrement, un financement ciblé du commerce pour catalyser les liens manufacturiers nationaux. Plutôt que de financer les importations de produits finis, l’Afreximbank redouble d’efforts pour financer la transformation de ce que l’Afrique produit, du cacao au cobalt, du coton au pétrole brut. Deuxièmement, des facilités de dette d’infrastructure qui relient les zones de production aux ports, aux réseaux électriques et aux réseaux numériques. Troisièmement, une intégration délibérée des chaînes de valeur à travers les frontières pour transformer les marchés nationaux fragmentés en un écosystème de production continental cohérent.
Les chiffres soulignent la préparation institutionnelle. En 2024 seulement, l’Afreximbank a décaissé 17,5 milliards de dollars en financement du commerce et s’est engagée à porter ce montant à 40 milliards de dollars d’ici 2026, doublant ainsi sa capacité à financer le saut industriel de l’Afrique.
Il ne s’agit pas de prêts spéculatifs ; c’est une exposition de-risquée ancrée dans des actifs tangibles, des garanties souveraines et des projets bancables couvrant l’agro-transformation, les produits pharmaceutiques, l’assemblage automobile et la fabrication d’énergies renouvelables. Pour les allocateurs institutionnels pesant une exposition à l’Afrique, l’Afreximbank présente une proposition rare : une qualité de crédit de niveau multilatéral fusionnée avec un accès de première ligne au potentiel de croissance de l’industrialisation.
La solidité de son bilan, soutenu par les souverains africains, les institutions mondiales de financement du développement et une base croissante d’investisseurs institutionnels, fournit la stabilité requise pour le déploiement de capitaux patients. Parallèlement, son pipeline de transactions offre de la granularité : le financement de tout, d’une usine textile en Éthiopie à une usine d’assemblage de batteries au Maroc, tout en faisant progresser l’objectif central de la Zone de libre-échange continentale africaine, à savoir la libre circulation des produits fabriqués en Afrique à travers les frontières.
Fondamentalement, le leadership d’Elombi signale une continuité avec une évolution calibrée. Cadre de longue date de l’Afreximbank avant sa nomination, il hérite d’une institution dotée d’une capacité d’exécution prouvée mais fait face à des vents contraires qui s’intensifient : resserrement de la liquidité mondiale, volatilité des devises et déficits d’infrastructure persistants pour les entreprises africaines.
Sa réponse ? Redoubler d’efforts sur ce qui fonctionne, le financement du commerce, mais y ajouter une assistance technique plus profonde, un soutien à la préparation de projets et le développement des PME pour garantir que les projets financés atteignent l’excellence opérationnelle, et pas seulement la clôture financière
